ENVIRONNEMENT - BIODIVERSITÉ

JARDINER SUR UN SOL VIVANT

L’histoire de notre planète est avant tout un sol, une terre… la Terre.

Quand on regarde le sol en superficie, il peut apparaître comme un énorme amas de pierres, de sable et quelquefois un gros bloc d’argile. Sauf qu’en y regardant d’un peu plus près, le sol grouille de vie, certes discrète mais présente et indispensable.


QU’EST CE QU’UN SOL VIVANT ?

Un sol vivant est un sol non labouré, non stérilisé.C’est avant tout, un sol qui est protégé et nourrit où les champignons, les vers de terre, les bactéries… vivent en symbiose.

Ces êtres décomposent les matières organiques afin de permettre aux végétaux d’avoir accès aux éléments nutritifs contenue dans ces intrants naturels.


POURQUOI JARDINIER SUR UN SOL VIVANT ?

Quels sont les enjeux ?

Au niveau environnement

Tout d’abord, les sols ont la possibilité de fixer le carbone, le fait de labourer un terrain, de le mettre à nu soit par la déforestation, soit par l’urbanisation, et j’en passe…

ces phénomènes provoquent des émanations importantes du gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Lorsque l’on travaille sur un sol vivant, on réintègre naturellement du carbone dans le sol et non plus dans l’atmosphère. C’est plutôt sympa 👍🏻, non ?

Un second problème résulte de l’agriculture conventionnelle, on entend de plus en plus parler de l’érosion des sols. (près de 30 % s’est retrouvé dans les mers et océans en 30 ans). Une fois, les sols mis à nu plus aucune couverture minérale ou végétale ne les protègent des aléas du climat.

On retrouve souvent après des pluies battantes, des rivières à l’aspect boueux, tout cela résulte du fait que les sols finissent par couler dans les rivières et finissent leur course dans la mer et les océans.

Voici, une vidéo qui démontre bien l’utilité des sols vivants face à l’érosion.

Au niveau nutritionnel

Concernant le niveau nutritionnel, avoir un sol vivant permet aux plantations d’avoir tout les éléments nutritifs essentiels à leur développement. Comme je le disais plus haut, cela provenant essentiellement de la matière organique que l’on va déposer en permanence sur le sol.

Un plant robuste a la capacité de se défendre face à d’éventuels agresseurs, aux maladies et aux changements climatiques.

De plus, toute cette vitalité, cette énergie se retrouve indéniablement dans nos assiettes. Par conséquent, on s’alimente avec des aliments “vivants”.

Adieu, les légumes gorgeaient d’eau sans aucun goût, nourrit aux engrais chimiques, sans réel avantage aux niveaux nutritionnel et gustatif… Ils sont comme “inertes”.

L’alimentation est notre première médecine

Au niveau du potager

Au niveau du potager, avoir un sol vivant est synonyme d’un travail moindre pour le jardinier, avoir un sol recouvert d’un paillage permanent évite le désherbage, le bêchage, l’apport d’engrais… Cela permet aussi d’économiser les arrosages, de protéger les sols, de nourrir toute cette vie souterraine mais pas que.

Comment prétendre nourrir le vivant, en lui apportant la mort ?

COMMENT AVOIR UN SOL VIVANT ?

Les différents acteurs du sol

“Pédofaune”, c’est le mot qui regroupe l’ensemble de ces petites bébêtes. Elles représentent à elles seules plus ou moins 80 % de la biodiversité animale. On les classe en 3 grandes catégories :

La macrofaune

Ce sont des organismes vivant en grande partie en surface de la terre, ils sont visibles à l’œil nu donc facilement reconnaissable.

La macrofaune est principalement composée de vers de terre, de larves, d’araignées, de cloportes… et bien d’autres.

La mésofaune

La mésofaune se compose d’êtres vivants allants de 0,2 à 4 mm, ils peuvent facilement être observés à la loupe.

On y retrouve notamment les collemboles ou encore les acariens.

La microfaune

Voyons plus petit, les êtres vivants uniquement visibles au microscope. Ce sont les plus vulnérables à la lumière ainsi qu’à la destruction de leur milieu (le labour, la déforestation… par exemple).

La microfaune est constitué de nématodes, bactéries et champignons.

La mégafaune

Mesurant plus d’une dizaine de centimètre.

On y trouve tous les animaux qui vivent une partie du temps sous terre : tels que les marmottes, les lapins, ou encore les mulots, les campagnols…


Quels sont leur rôle ?

Leur rôle est tout d’abord physique : faciliter l’aération, d’améliorer la perméabilité, de brasser les éléments organiques et minéraux… Permettant le maintient de la porosité naturelle du sol, favorisant ainsi la pénétration de l’eau pluviale et assimilation de l’oxygène.

Une autre bonne raison est : l’importance du réseau mycélien, qui contribue à la bonne santé des végétaux.

Dans un second temps, leurs rôle va être plutôt : Chimique.

Notamment par la dégradation de la matière organique, ils réalisent un travail de fragmentation, facilitant l’action des bactéries et des champignons, qui achèvent le processus de dégradation.

Il faut savoir qu’un humus stable libère progressivement les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin.

Pour tous les autres, leur rôle est tout aussi indispensable, car ils rentrent tout de même dans les maillons de la chaîne alimentaire et contribuent aussi à l’équilibre du sol.


Comment savoir si mon sol est vivant ?

Pour cela plusieurs indications sont à observer.

Premièrement, la structure du sol : si celle-ci est dure comme du béton, il y a très peu de chance pour que l’oxygène puisse pénétrer facilement. On parle alors de sol en anaérobie. Inévitablement, on remarque l’absence ou la très faible présence d’organismes vivants.

Si ton sol a l’avantage d’être souple, aérer, très poreux (sans le passage de machine de labour, je tiens à le préciser) : tu as de grande chance pour que ton sol soit vivant.

Deuxièmement, constates-tu la présence de turricules
(je t’en parle dans cet article) ?

Si ton observation est nul, ton sol ne possède pas de vers de terre “anéciques”, pas de panique… Il en existe plusieurs types : prélève une motte de terre afin de constater s’il y a présence ou non de vers.

Troisièmement, on peut aussi reconnaître un sol vivant si les herbes spontanées atteignent facilement 1 mètre de hauteur en saison estivale.


Comment remettre en vie mon sol ?

Si tu te pose la question, c’est que ton sol doit être mort ou quasi-mort.

Est ce irréversible, comment faire pour relancer une activité vivante sur un sol stérile.

Si ton sol est mort, il va te falloir de la patience, car la nature sait prendre son temps. Mais ceci dit, rien n’est impossible.

La première chose à faire est de mélanger des matières carbonées (paille, feuilles mortes…) et azotées (compost, fumier…) et de les intégrer à ton sol, par le biais d’une grelinette, par exemple. Ton sol a besoin d’aide pour retrouver un peu de vie-talité, et cela va débuter par les bactéries et champignons.

Par la suite, couvrir ton sol en permanence afin de pouvoir nourrir ces petits êtres en plein essor dans ton sol.

N’hésite pas, à faire régulièrement des apports de composts, fumiers, engrais verts… Pour résumer toutes les matières azotées qui te passe sous la main.

Finalement, plus le sol sera vivant au potager, plus il sera stable et fertile.
Tu comprends mieux pourquoi les insecticides, herbicides… sont une aberration puisqu’ils détruisent ce fragile équilibre, qui mène à la vie.


Si tu as des questions, n’hésites pas à m’en faire part dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre. Si l’article t’a plus, n’hésite pas à l’aimer et à le partager.

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