JARDINAGE

LES PLANTES BIO-INDICATRICES

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Les secrets des “mauvaises” herbes

Tout individu ayant un potager à sa disposition, se retrouve un jour ou l’autre envahi par des plantes bio-indicatrices ou plus communément « Mauvaises Herbes ». Culturellement, nous sommes habitué à vouloir impérativement les éradiquer, mais au fait pourquoi… ? Sont-elles réellement « mauvaises » ?

Pour commencer, je tiens à reprendre cette citation qui selon moi est à méditer :

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n’a pas encore trouvé les vertus »

Raph Waldo Emerson

Pour la plupart des jardiniers, ces plantes  « sauvages » sont en compétition avec nos plantations, que ce soit au niveau de l’eau, du sol, du soleil… Effectivement, elles sont très bien acclimatées tant au niveau environnemental qu’au type de sol. Un jeune semis en pleine croissance aura donc plus de difficulté à se frayer un chemin parmi ces herbes. Cependant, une fois sa croissance bien entamée… La plante n’auras plus rien à craindre des ses colocataires certes quelquefois envahissant.

De plus, il faut savoir que la nature est bien faite, elles ne sont pas là par hasard…

Mouron blanc par Hans Braxmeier de Pixabay

Qu’est ce que c’est ?

Tout d’abord, le sol est un immense réservoir de semences, qui attendent impatiemment les conditions favorables à leur développement, une fois toutes les conditions réunis, celles-ci vont pouvoir germer. On appelle ce phénomène “la levé de dormance“.

Voici les multiples conditions pour qu’une adventice entre en germination :

  • le climat,
  • l’hydrologie,
  • l’environnement,
  • la structure du sol,
  • le type de sol,

Par conséquent, la présence massive (au moins 70% de la surface) d’un type de plante « spontanée », nous renseigne sur la nature du sol, sur l’hydrométrie, sur les activités passées…

On les appelles des plantes bio indicatrices. Il est important de prendre en compte l’ensemble des espèces présentes sur une parcelle, car une seule espèce est rarement indicatrice à elle seule.


Prenons un exemple, après la plantation de tomates, le sol est saturé en azote, certaines plantes bio-indicatrices ayant besoin de cet azote pour leur développement, vont germer. Permettant au sol de se rééquilibrer. Naturellement, les plantes ont cette étonnante capacité de permettre au sol de se rééquilibrer et ceux en fonction de leurs besoins.


Apprendre à connaitre son sol

Les sols équilibrés

L’une des rares plantes indiquant un certain équilibre sur le terrain, c’est le mouron blanc (Stellaria media). Si tu en possèdes ton sol est au top.

Les sols hydromorphes

Il s’agit d’un sol régulièrement saturé en eau, inévitablement l’oxygène présent dans le sol est remplacé par l’eau : l’activité bactérienne aérobie diminue peu à peu jusqu’à disparaître totalement. 

Voici quelques plantes bio-indicatrices d’un sol hydromorphe : la Renoncule Rampante (Ranunculus repens), la Menthe à feuilles rondes (Mentha rotundifolium) .

Les sols compacts

Dans un sol compacté, l’oxygène circule très mal. De même que des sols hydromorphes, l’activité bactérienne aérobie diminue.

Le Grand Plantain (Plantago major) et le trèfle (Trifolium repens) sont des plantes bio-indicatrices d’un sol tassé.

Les sols pauvres

Un sol deviens peu à peu pauvre du fait d’un travail intensif (monoculture, labours, pesticides…) Ici, la Spergule des champs (Spergula arvensis) correspond bien à ce type de sol.

Les sols trop riches en azote

Céraiste commun (Cerastium triviale) se développent sur des sols riches en matières organiques et en azote.

Les sols asphyxiés

Il s’agit ici, d’un excès de matière organique animale (Par exemple : le fumier, bouses de vache…), provoquant une pollution aux nitrites et une asphyxie.

Les plantes bio-indicatrice d’un sol asphyxié sont notamment le Rumex à feuille obtuses (Rumex obtusifolius) et le liseron des haies (Calystegia sepium) .

Voici un PDF du blog –Permaculturedesign– qui reprend pas mal de plantes bio-indicatrices.

Coccinelle sur une feuille d’ortie par ariesa66 de Pixabay

Un atout pour la biodiversité

Les mauvaises herbes sont aussi un excellent moyen d’augmenter la biodiversité dans ton jardin, elles contribuent notamment à la régulation naturelle entre les « ravageurs » et les « auxiliaires »…

Elles font entièrement partie de l’écosystème, elles augmentent la biodiversité dans son ensemble en apportant de la nourriture et un lieu de vie pour beaucoup d’insectes, y compris, les insectes pollinisateurs qui sont très bénéfiques pour ton jardin, mais pas que…

En effet, toutes espèces vivantes faits parties intégrantes de cet écosystème, très fragile et subtil.

Prenons un exemple : tout le monde adore les coccinelles mais beaucoup d’entre nous oublient qu’avant de devenir de magnifiques insectes, elles étaient des petites larves voraces se nourrissant exclusivement de pucerons.

Donc n’hésites pas à cultiver des artichauts ou encore des fèves qui ont tendance à attirer naturellement les pucerons, cela évitera naturellement, qu’ils viennent envahir d’autres plants du potager, ou leur présence sera beaucoup moins appréciée.

La végétation protège aussi le sol des différentes intempéries ou encore permet un couvert contre le soleil. Elle enrichit le sol en humus, attirant autour de leurs racines, une vie biologique dense composée d’une multitude d’espèces… Et chacun contribuant au bon équilibre du sol permettant de nourrir les plantes et d’améliorer la fertilisation de la terre.

Plus, il y aura de forme de vie dans l’ensemble de votre potager, plus tes cultures seront protégées et saines.


Une banque alimentaire à portée de main

Personnellement, je manque de renseignement sur le sujet pour donner tel ou tel conseil, mais j’ai tout de même connaissance que certaines plantes sauvages peuvent être comestibles telles que l’ortie, le plantain ou l’ail des ours…

J’appel cependant à la plus grande vigilance… certaines parties de la plante ou plantes peuvent être toxiques voire mortelles pour l’Homme.

De ce fait, n’hésites pas à demander conseil à des vrais connaisseurs et renseignes toi correctement…

Marche dans une allée de coquelicot par Delphine GARCIA

Pour conclure, prenons le temps d’observer, de connaitre et d’apprécier ces plantes dites « sauvages » à leurs justes valeurs parce qu’elles ne sont pas si mauvaises que ça.

« On ne commande la nature qu’en lui obéissant »

Francis Bacon

Si tu as des questions, n’hésites pas à m’en faire part dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre. N’hésites pas à partager et à aimer cet article, s’il t’a plu.

- Cet article est écrit et diffusé par Delphine du blog "Potager D'Abondance" -
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Un commentaire

  • DESHAYES Nathalie

    Bonjour Delphine, Beau résumé sur les plantes bio-indicatrices. Bravo pour ton blog ! Je viendrai y faire un tour de temps en temps, j’ai enfin un jardin pour m’y exprimer 🙂
    Si tu veux aller plus loin sur les plantes sauvages comestibles, n’hésite pas à me contacter !

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