Environnement - Biodiversité

HIVER : FAUT IL NOURRIR LES OISEAUX ?

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Les températures commencent sérieusement à baisser… Et les magasins s’empressent de remplir les rayonnages de mangeoires, perchoirs, nourritures afin de nourrir les oiseaux pour l’hiver.

Fréquemment, l’interrogation de nourrir les oiseaux en hiver est posée sauf que les réponses varient considérablement. Il faut savoir que les conseils proviennent souvent des lobbys, ils trouvent donc un intérêt de convaincre la société sur le fait de nourrir les oiseaux en hiver.

Je vais tenter dans cet article d’y répondre de façon neutre car je n’ai aucun intérêt à te proposer une gamme de produits plutôt qu’une autre. Mon but ici est d’accroître une conscience collective et respectueuse autant sur le plan humain que sur le plan animalier.


Comprendre leur alimentation naturelle

En fonction de leur alimentation, les oiseaux des jardins se distinguent en deux catégories : les insectivores et les granivores.

Les granivores ont un bec court et très solide, leur permettant de décortiquer les graines ou de casser les gros morceaux de nourriture.

Les insectivores se reconnaissent par leur bec plus long et pointu. Ils se nourrissent principalement d’insectes, d’araignées, de limaces, de petites graines et de baies.

Concernant les oiseaux non migrateurs, à partir du moment où les températures chutent, n’ayant quasiment plus d’insectes à manger, ils adoptent naturellement un régime granivore.

Rouge gorge par Oldiefan de Pixabay

Et, l’homme dans tout ça?

Nourrir les oiseaux en hiver notamment est loin d’être une pratique neutre pour l’environnement, il modifie les conditions de survie hivernales. L’apport de nourriture, à grande échelle, a des conséquences sans équivoques allant du simple comportement à une modification morphologique.

Une nourriture toxique

Nous savons qu’une alimentation transformée perturbe les mécanismes naturels de l’Homme. Il en est de même pour les oiseaux, il est important de rappeler que la graisse contenue dans les boules de graisse est loin d’être un aliment “naturel” pour un oiseau.

La nature est très bien faite, la consommation de graines permet aux oiseaux de fabriquer sa propre graisse qui se déposera sur les flancs le protégeant ainsi du froid.

Cette graisse va très vite passer dans le sang et provoquer une augmentation du taux de cholestérol. Entraînant donc une réduction de l’afflux sanguin dans les artères. Sauf qu’un oiseau a besoin d’un rythme cardiaque soutenu pour se réchauffer en hiver.

Pour en finir, l’oiseau subira le froid, va économiser son énergie et ses déplacements finissant par s’immobiliser et en mourir.

Les miettes de pain ne sont pas non plus une bonne alternative… il contient beaucoup de sel provoquant un blocage des reins.

Quelques milligrammes de sel suffisent pour tuer un oiseau

Des mangeoires insalubres

L’insalubrité des mangeoires, on en parle très peu… Or, ce n’est pas parce que c’est un animal sauvage que leurs besoins d’hygiène sont inexistants.

Quand tu nettoies une mangeoire, évite d’utiliser des produits bactéricides ou des désinfectants chimiques. L’eau chaude fait parfaitement l’affaire.

Cela paraît évidant dit comme ça… mais ce geste est loin d’être une habitude dans la majorité des cas. Il faut savoir qu’à partir de 7°, les bactéries comme la salmonelle commencent à se développer.

L’eau, une ressource vitale

L’eau c’est la vie… et dans notre monde occidental, l’eau potable est une denrée rare. Elle est souvent polluée, salée (déneigement au gros sel) ou placée à des endroits dangereux (un récipient trop profond)

Mettre à disposition de l’eau claire, dans un récipient peu profond et accessible est souvent une aide précieuse.

Mésange par Gerhard Gellinger de Pixabay

De nombreux accidents

La nourriture achetée dans le commerce est enveloppée dans un filet en plastique, outre le fait que ce soit une source de pollution importante, ils s’avèrent aussi dangereux pour les oiseaux.

En effet, il peut arriver que les oiseaux se coincent les pattes dedans, entraînant par la suite une blessure, voire la mort par épuisement.


PROBLÈME DU NOURRISSAGE

Modification génétique

Depuis plusieurs décennies, les chercheurs se penchent sur les conséquences qu’ont de nourrir régulièrement les oiseaux en hiver.

Les résultats sont tout de même stupéfiants…

Après avoir mesuré très précisément, les becs de mésanges charbonnières naturalisées dans des musées européens. Et à partir des données récoltées depuis deux décennies, les résultats démontrent que la longueur du bec augmente considérablement à un rythme moyen de 0,004 mm/an.

Et effectivement, il faut un bec bien plus long pour pouvoir picorer à l’intérieur des mangeoires.

La dépendance alimentaire

En nourrissant régulièrement, les oiseaux peuvent décider de se sédentariser ou encore de migrer vers des lieux inhabituels.

Prenons l’exemple, des fauvettes à tête noire anglaises, elles étaient des migratrices, et sont devenues sédentaires. Il en est de même pour les oiseaux Hongrois qui ont orienté leur migration vers l’Angleterre pour profiter d’une nourriture facile.

De plus, le nourrissage à longueur d’année change les habitudes des jeunes oisillons préférant s’alimenter dans des mangeoires au lieu d’apprennent à se débrouiller tout seul.


Comment faire si tu as commencé un nourrissage ?

Si tu as commencé un nourrissage, évite l’arrêt total.

Les oiseaux comprennent vite qu’il y a de la nourriture à cet endroit. Si tu arrêtes brutalement, les oiseaux risquent de ne pas trouver d’autres alternatives assez rapidement et d’en mourir !

Pense à les nourrir de façon respectueuse et consciente… Préfère une alimentation entièrement composée de graines et bio. Tu peux aussi mettre des épis de maïs entier, des fleurs de tournesol pleines de graine…

Cela semble évident… Mais je te rappelle que dans nos lieux de vie beaucoup de danger rode pour nos oiseaux, notamment les chats. Il faut donc inévitablement disposer la nourriture et l’eau dans un espace où les chats n’ont pas accès.

Parmi, les autres menaces on y trouve les voitures, les fils électriques ou barbelés et les pesticides.

Par conséquent, on évite les pesticides et de placer de la nourriture et de l’eau afin que les oiseaux ne se mettent pas en danger.

Mésange sur un tournesol par 995645 de Pixabay

A notre époque…

Il est tout de même vrai que dans certains endroits, la nature se fait de plus en plus rare… Elle est souvent remplacée par du béton, du gazon synthétique, des routes sans parler des pesticides…cela ne facilite pas la vie de nos petits oiseaux.

Cependant, il est tout de même possible de leur donner un petit coup de pouce.

OK, mais comment ?

Tout simplement, en leur donnant des graines de qualité en vrac en hauteur pour les mésanges, sittelles… ( à l’abri des prédateurs), et au sol pour les merles, moineaux, pinsons… (sur un support pour éviter un contact avec l’humidité) uniquement sur la période hivernale.

Si tu possèdes un espace extérieur assez grand, tu peux facilement planter des fleurs, des buissons ou des arbres (aubépine, tournesols, amandiers, noisetiers, plants de maïs…) et évites de tout raser l’automne venu, laisse la place pour un endroit sauvage.


Pour conclure et prendre soin de nos oiseaux… une des clés fondamentale est de préserver la diversité et la biodiversité dans nos jardins.


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12 commentaires

  • Isabelle

    Merci, très intéressant. Je me demandais, vous parlez de salmonelle ci-haut, mais les oiseaux y sont-ils résistants sachant que dans la nature, il y a aussi de l’eau stagnante, la boivent-ils par ex.? À quelle fréquence nettoyer nos bols d’eau ou autres récipients alors?

  • Aline

    Très bonne idée de défricher un peu ce sujet ! Tellement de gens pensent bien faire, par exemple en donnant du pain sec aux oiseaux. J’en vois encore beaucoup au bord du lac chez moi. J’imagine que pour les canards, le sel n’est pas génial non plus…

  • Sarah

    Merci pour ces informations, je pensais tellement bien faire. Je vais enseigner ce que tu nous as transmis à mes enfants pour qu’il ne perpétue pas plus tard ce que nous venions de mettre en place :-S

  • Yo

    Merci pour cet article.

    J’ai noté une correction ici
    “Il faut donc inévitablement disposer la nourriture et l’eau dans un espace ou les chats non pas accès.”
    –> Les chats n’ont pas accès.

  • Meignant

    Coucou 👋 J’ai sauvé un pigeon ramier des crocs d’un renard. Je l’ai mis dans mon poulailler car il ne vole plus . Que lui donner à manger ? Merci pour vos réponses

    • Delphine G

      Bonjour, tu peux lui donner des graines comme le mais, le blé, le sarrasin, l’orge, l’avoine, le chanvre, le lin, le tournesol…certaines personnes rajoutent des petits pois sec, lentilles, haricots. Ils ont un régime principalement granivore.

  • thierry

    Bonjour, il manque quelques contre argument pour nuancer le propos que les oiseaux se débrouillent très bien depuis des milliers d’années ,notamment celui de la raréfaction des insectes, baies et abris dû à la surexploitation des sols par l’homme (pesticides et monoculture).
    Il faut voir ce que dit la LPO sur le sujet du nourrissage.
    Cordialement

    • Delphine G

      Bonjour, effectivement j’ai eu plusieurs remarques sur ce sujet… après réflexion j’avoue que dans certains lieux, la nature se fait rare. Je vais mettre l’article à jour. Merci pour cette remarque constructive.

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