ENVIRONNEMENT - BIODIVERSITÉ

COMMENT COHABITER AVEC LES LIMACES ?

Ce matin encore, je me rends au potager et je découvre encore et toujours plus, les ravages des limaces. Les feuilles des choux sont complètement mangées, ne restant que la nervure principale. Quant aux jeunes plants de salades, ils ont tout simplement disparu. 😡🤬😡

Voilà de quoi me foutre un bon coup au moral, avec l’envie irrépressible de succomber aux petits granules : Le “Ferramol” qui eux ont l’avantage d’éradiquer ces gastéropodes 😈.

Mais, je garde la tête froide, je respire un coup et je tente d’analyser et de comprendre pourquoi cet animal vient saccager tous les nouveaux arrivants au potager.

Eh oui, après mettre informé et analysé, j’ai compris que sous ses airs gluants, ragoutant, pas très appréciable, la limace joue un rôle pionnier très important au sein de nos potagers.

Attention ! Après la lecture de cet article, ton regard sur la limace va totalement changer.
Alors, es-tu prêt à aimer et vivre avec elles ?


APPRENDRE A LA CONNAITRE

Sa biologie

La limace fait partie de la famille des gastéropodes, on en recense plus de 100 000 espèces, entre terre et mer. Elle est présente sur Terre depuis plus de 350 millions d’années. Autrement dit, elle a connu les dinosaures 🐱‍🐉.

C’est un animal nocturne au sang-froid, très sensible à la température ambiante, elle redoute autant le chaud que le froid.

En France on retrouve principalement :

la limace rouge – Arion Rufus
horticole (noire) – Arion hortensis
grise – Deroceras reticulatum

Son lieux de vie

Du fait que ce soit un être vivant composé à 80% d’eau, elle préférera de toute évidence, des lieux assez sombres et humides. On la retrouve essentiellement au-dessous des pots de fleurs ou encore sous des tas de feuilles, amas de pierres… et sous le paillage bien touffu que l’on met au pied de nos plantations.

La limace peut très facilement s’adapter à un microclimat, celui d’un tout petit terrain de quelques mètres carrés prévaut pour elle, un climat régional.

Son alimentation

Leur régime alimentaire est varié mais elles sont majoritairement mycophages (champignons, lichens…) et détritivores (déchets, cadavres, excréments…). Elles affectionnent surtout tous les détritus, les matières en décomposition, inertes ou mortes.

Toutes les limaces ne sont pas des herbivores, certaines sont carnivores, et mangent sans scrupules leurs congénères.


COMPRENDRE SON ROLE DANS L’ECOSYSTEME

C’est bien beau tout cela, mais quel est réellement son rôle dans nos potager et bien au-delà.

Les limaces (tous les gastéropodes) ont un rôle dans le recyclage de la matière organique et ceux dès les prémices de la décomposition. Elles contribuent aussi à lier le sol (grâce à leurs mucus), créent des galeries qui aérèrent et hydratent le sol

Les limaces mangent des végétaux à peine mort sans décomposition, les végétaux encore gorgés d’eau et de vitalité.

Elles luttent aussi contre le développement des parasites et des maladies pathogènes. L’apparition de champignons pathogènes est directement stoppée, car les limaces se chargent de débuter la décomposition, on évite donc le développement des champignons et par conséquent l’invasion sur les plantes saines.

Les gastéropodes sont capables de digérer la cellulose, un constituant organique fibreux et spongieux . Par conséquent, ils peuvent s’attaquer à du BRF (Bois Raméal Fragmenté), arbres en décomposition, papier et carton.

Il faut aussi savoir que toutes les spores des champignons, ne sont pas digérées par les limaces. Les spores profitent donc d’un substrat idéal pour leur développement. Autant dire que la limace est la mère nourricière de la microflore de votre jardin.

LES BIENFAITS DU MUCUS

Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler des bienfaits de la bave d’escargot… Voyons pourquoi, celle-ci est bénéfique pour notre corps autant que pour notre environnement.

Pour le potager

Cette substance assez visqueuse est composée majoritairement d’eau, de glycoprotéines, sucres et de protéines permettant au sol de s’agglomérer; il est élastique se contracte en séchant et s’étire en s’hydratant. Le mucus, garantit le maintien de l’équilibre du complexe argilo-humique.

Par conséquent, il vaut mieux aimer les limaces et autres gastéropodes pour la bonne santé de ton potager, afin de nourrir la vie du sol et d’activer ou réactiver le recyclage de la matière organique.

Pour nous

En ce qui concerne notre organisme, le mucus est reconnu pour ses vertus médicinales, anticoagulantes et cicatrisantes. Et il en est de même pour nos plantes, le mucus des limaces agis comme un film protecteur cicatrisant, empêchant l’oxydation de la plante le temps de sa cicatrisation.

Pour ce qui est des escargots, leur mucus est légèrement différent:  il possède des propriétés hydratantes, reconstructrices et cicatrisantes (collagène) mais n’étant pas du tout collant contrairement à la limace.


COMMENT L’ACCEPTER ET VIVRE AVEC ELLE ?

Comme je t’en parlais au début, voir son potager subir une invasion en masse sans pouvoir faire grand chose, n’est pas facile à accepter. Heureusement, il y a quand même quelques astuces à mettre en place pour éviter qu’elles ne créent trop de dégâts.

Comprendre ce qui cloche dans son potager

Déjà, tu as surement compris les bénéfices que peut t’apporter la limace au sein de ton potager et ça, c’est déjà une grande avancée dans l’acceptation de ce gastéropode.

Maintenant, reste à réguler cette invasion afin que ce soit plus vivable pour tout le monde.

Les manquants

Les ravages de limaces sur tes cultures indiquent, en premier lieu, une famine générale. Il se peut que ton potager manque de matière organique en décomposition. On retrouve souvent ce phénomène dans les potagers conventionnels, très (trop) bien rangé et désherbé.

Plus tu nettoies, plus tu désherbes tes allées… Plus les limaces vont s’attaquer à tes légumes, à défaut de pouvoir consommer des herbes sauvages, ou encore des matières organiques qui jonchent le sol. Il est donc primordial de créer ou laisser des micro-habitats.

Après leur période de dormance (au printemps et en automne), les limaces, par la faim au ventre se rabattent sur ceux qu’il leur reste à consommer, c’est-à-dire les feuilles tendres des nouvelles plantations, ceux -ci dit en passant c’est loin d’être le mets favoris.

Il peut aussi s’agir aussi d’un manque de prédateurs pour les réguler.

Mais le problème avec les prédateurs c’est qu’ils ne sont jamais là quand nous avons besoin d’eux, pourquoi ?

Pour voir débarquer les prédateurs, il faut des proies… Si tu ne supportes pas la présence de limaces ou autres “ravageurs” sur ton terrain, n’espère pas entrevoir la venue des prédateurs pour pouvoir les réguler.

Tout comme nous, si en ouvrant le frigo celui-ci est vide, on va tout simplement chercher ailleurs : dans les placards, par exemple, pour pouvoir casser la croûte. Il en est de même pour nos limaces.

Les excès

Contrairement à un potager trop “aseptisé”, un excès de matière en décomposition ou un excès d’humidité peuvent aussi les attirer en masse. Car, plus il y a à manger, plus il faut d’individu pour faire le travail, c’est encore une fois une question d’équilibre.

Pourquoi ne pas retirer le paillage momentanément, afin de laisser les jeunes plants se développer au mieux. Ainsi une fois, l’attaque finie ont recouvre de nouveau notre sol.

Cela peut être aussi la cause d’une végétation stressée (par des tailles, coupes, tontes trop régulière) malade ou affaiblie.

Trouver des solutions respectueuses

Savoir les accueillir

Comme je te le disais au-dessus si les limaces mangent tes jeunes plants de salades, c’est qu’elles sont certainement affamées et assoiffées.

Par conséquent, profites-en pour leur offrir le couvert. Hé oui, leur offrir le couvert va permettre de dérouter leur attention qu’elles peuvent porter à nos jeunes plants pour les amener à consommer un bon compost de surface, par exemple (les limaces raffolent des brassicacées). Inutile par contre de prévoir un tas de déchets à l’intention des limaces, car elles ne vont pas parcourir tout le potager. Les limaces se déplacent très peu donc la proximité est importante.

Si ce n’est pas déjà fait, mets un composteur dans ton potager, les limaces qui sont à proximité vont inévitablement se diriger vers ce buffet à volonté et vont délaisser tes plantations aux alentours.

Si après tout ceci tu as encore du mal à gérer l’affluence des limaces. Tu peux tout simplement mettre en place, une technique toute simple “La gestion manuelle“, c’est-à-dire retirer les limaces dès que tu en vois à la main, afin de les déplacer en dehors du potager. Car comme je te le disais, juste au dessus, elles ne se déplacent que très peu donc il y a très peu de chance pour qu’elles reviennent sur le potager, en tout cas pour la saison.

Accepter le déséquilibre ou atteindre l’équilibre.

L’élément le plus important et ceux dans tous les domaines du jardinage , c’est la patience !

Quand on a affaire à une venue massive de limaces ou autres “ravageurs”, c’est la conséquence d’un déséquilibre écologique. La nature prend du temps à retrouver un certain équilibre, mais pour cela, il va falloir faire preuve de patience pour comprendre, accepter, et trouver des solutions respectueuses et bienveillantes envers toutes espèces présentes sur ta parcelle.

Sachons respecter le sol, la biodiversité animale et végétale, l’eau, l’air, nos plantations et par conséquent nous. Quand on veut résoudre un déséquilibre, on est obligé de passer par plusieurs étapes plus ou moins agréables avant d’en arriver à retrouver un point d’équilibre et ceci peut mettre plusieurs années à se mettre en place.

Alors patience et lâché prise.

LES PREDATEURS

Comme toutes espèces de la chaîne alimentaire, les limaces possèdent de nombreux prédateurs tels que les oiseaux, les carabes, les orvets ou les serpents, les lézards, les salamandres, les grenouilles et crapaud, les hérissons, les araignées, les nématodes…

Mais aussi les oies, les canards, les poules… 

On retrouve aussi des prédateurs pour les œufs de limaces, je pense notamment aux lézards et les escargots.


Te voilà maintenant bien armé pour comprendre, aimer et gérer au mieux ces gastéropodes.

Si tu as des questions, n’hésites pas à m’en faire part dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre. Si l’article t’a plus, n’hésite pas à l’aimer et à le partager.

3 commentaires

  • Valerie

    Bonjour Delphine,

    merci pour cet article intéressant et plein d’humour. Comme je jardine sur mon balcon, je n’ai pas de problème avec les limaces. Mais je connais les pucerons et les aleurodes. J’avoue que je sors encore mon vaporisateur au savon noir quand ils se multiplient. Mais reproduire un écosystème sur un balcon est sans-doute un peu plus difficile que dans un jardin.
    En tout cas merci pour ce rappel de ne pas tirer immédiatement sur tout ce qui bouge !

    Amicalement
    Valérie

  • Charlène

    Bonjour,
    Merci pour cet article ! Dans mon jardin, j’ai des limaces avec lesquels je cohabite. Je broie des coquilles d’œuf pour protéger mes plantations. Les limaces les évitent pour ne pas se couper si j’ai bien compris. Tant que les coquilles sont à la surface c’est efficace mais avec le temps elles se recouvrent de terre et les limaces reviennent. A renouveler donc.
    J’ai aussi beaucoup beaucoup d’escargots. Pourrais-tu faire un article similaire sur l’intérêt des escargots dans le jardin ? A part amuser les enfants ^^
    Merci

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