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UTILISER LE FUMIER AU POTAGER

Le fumier est utilisé et reconnu par les jardiniers depuis des millénaires. Il s’avère être un des piliers principaux du jardinage naturel. Mais, je rencontre beaucoup de jardiniers amateurs qui l’utilisent sans aucun discernement, ni même connaissance. Or, s’il est peut s’avérer être néfaste au potager si son utilisation est maladroite.

QU’EST-CE QUE LE FUMIER ?

Tout d’abord, le fumier est un mélange d’excréments et d’urine d’animaux d’élevage, ajouté à de la litière (principalement de la paille, des copeaux de bois ou encore de la sciure). Fait attention de ne pas le confondre avec le “crottin”, qui lui est uniquement composé d’excréments d’animaux.

C’est une matière organique équilibrée dans son rapport azote/carbone.

En effet, les déjections sont des matières azotées qui vont favoriser le développement des plantes. De plus, la litière possède une teneur en carbone assez élevée, ce qui va essentiellement créer de l’humus. Ce mélange crée une matière organique équilibrée et excellente au potager (si sont utilisation est correcte).

AMANDEMENT OU ENGRAIS ?

Il est plutôt considéré comme un amendement, dont le rôle est d’améliorer le sol plutôt qu’un engrais. En effet, l’azote contenu dans le fumier est un azote organique. Sauf que les plantes se nourrissent exclusivement d’azote minéral. Il faut donc que les bactéries du sol transforment l’azote organique en azote minéral et en fonction du type de fumier épandu sur les parcelles cela peut prendre de plusieurs jours à plusieurs années.

De plus, la teneur en azote organique reste assez faible comparée au engrais. Donc, il ne peut être considéré comme engrais à action dite rapide.

Concrètement, le fumier va progressivement enrichir la terre en humus stable permettant d’obtenir un support de culture riche et équilibrée.

Afin que ton sol devienne, au fil du temps, plus perméable et plus facile à travailler et ceux quelques soient le type de sols que tu possèdes. Et, pour finir, il contribue à booster la vie biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, bactéries…).

LES DIFFERENTS FUMIERS

Comme je t’en parlais au-dessus, il existe autant de fumier que d’animaux. Chaque fumier possède ses caractéristiques et on le choisira en fonction de l’état de notre sol.

Le fumier de bœufs

Le fumier de vache est considéré comme un “fumier froid”, son action est assez lente. Il est principalement conseillé afin d’améliorer les sols légers et calcaires. C’est à dire qu’il structurera davantage les terres sablonneuses en leur apportant plus de corps.

Le fumier d’équidés
(chevaux, ânes)

Le fumier de chevaux, contrairement à celui des bovins, est qualifié de ”fumier chaud”, il est préconisé pour les terres argileuses.

C’est à dire, qu’il va rapidement monter en température lors de sa décomposition (cela peut aller au-delà des 60°). De ce fait, il est préférable de l’utiliser composté afin d’éviter de carboniser les racines des jeunes plants.

En revanche, du fait de sa forte montée en température, il va t’être parfait pour la constitution des couches chaudes.

Le fumier d’ovins et caprins
(moutons, chèvres)

Ce fumier est sec, chaud et riche en potasse. Son utilisation doit se faire à partir de fumier composté, sous peine de voir les racines des plantes brûlées.

On peut être utilisé sur un sol lourd et après le retrait des cultures gourmandes (cucurbitacées, aubergines, tomates…)

Le fumier de porc

Tout comme celui de bœufs, le fumier de porc est froid. Il est surtout préconisé pour les terres calcaires et légères.

Le fumier de volailles

En ce qui concerne les volailles, il est très chaud et contient une teneur en azote et en potasse assez élevé. Il est à peu près six fois plus riche que celui de bovins. (Il est donc conseillé de l’utiliser avec parcimonie, au risque de bruler tes plantations).

Contrairement aux autres fumiers, celui-ci est plutôt considéré comme un engrais. En d’autres termes, sa forte teneur en azote et potasse, lui permet de booste la croissance des plants.

Le fumier de lapins

Qualifié de “chaud”, il améliore les sol lourds. Toutefois, il est moins riche que celui de chevaux, de moutons ou de bœufs.

Son utilisation peut se faire en surface toute l’année.

Toutefois, afin d’améliorer la structure du sol, il est préférable d’en épandre généreusement à la période automne / hiver.

COMMENT L’UTILISER ?

Quand l’épandre?

Il y a plusieurs périodes propices pour répandre le fumier sur tes parcelles.

A l’automne / hiver

A cette période, tu peux prévoir un épandage, juste après avoir retiré les plants estivaux. Travaille le sol légèrement avec un apport de fumier, attention à ne pas tasser la terre (surtout pour les sols lourds), la présence d’air va permettre une bonne décomposition.

Au printemps

L’apport de fumier peut encore être possible uniquement pour les fumiers froids ou bien composté, juste avant la plantation de nouvelles cultures. (vérifie bien qu’il ne dégage plus aucune chaleur)

En quelle quantité ?

Dans un potager, on retrouve des plantes plus ou moins gourmandes. En ce qui concerne les plantes les plus demandeuses d’azote, il va leur falloir de 15 à 20 grammes d’azote par an au m², 8 à 10 g de phosphore et 20 à 30 grammes de potassium. (Ces chiffres sont bien évidemment approximatifs)


Toutefois, ne cherche pas à apporter chaque année 20 g d’azote au travers du fumier. Il faut savoir que la vie biologique du sol, les restes de cultures, les différents paillages et l’apport de compost… apportent eux aussi de l’azote. et les résidus de cultures génèrent eux aussi de l’azote.

La première année

Pour débuter, la première année est un peu particulière, on démarre le potager et celui-ci va avoir besoin d’un petit coup de fouet pour les années suivantes. Je te conseille d’épandre à peu près 3 kg de fumier composté par m2 pour améliorer les qualités du sol.

Les années suivantes

Puis, au fil de l’année, il va commencer à libérer petit à petit son azote organique, la vie biologique du sol le transforme à son tour en azote minéral. Donc, inutile d’apporter une autant grande dose de fumier pour les années suivantes : un apport de 1 à 2 kg par m² est suffisant. En apportant cette fois-ci ainsi une quantité de fumier plus faible, on réduit les risques de pollution aux nitrates du sol et des nappes phréatiques.

Doit-on l’utiliser frais ou composté ?

Le fumier frais

Le fumier frais peut être autant bénéfique que nocif au potager, s’il est mal utilisé.

Tout d’abord, le fumier frais peut contenir des semences d’adventices, des résidus d’antibiotiques (pour éviter cela, il suffit de bien choisir son fournisseur).


Il NE DOIT JAMAIS ETRE ENFOUI.


En effet, la vie biologique du sol va puiser dans les réserves d’azote contenu dans notre sol afin de pouvoir décomposer toute cette matière fraiche, cela va donc entrainer une carence en azote le temps que les bactéries fassent leur travail. Ensuite, sa décomposition va dégager des substances toxiques et en fonction du type de fumier celui-ci va monter en température, rien de bon pour les racines de nos plantes.

De plus, tu peux l’épandre tous les 2-3 ans , en fine couche régulière à la surface du sol et ceux la fin de l’automne. Les vers et les micro-organismes vont se charger de le décomposer, avant l’arrivée des nouvelles semences ou plantations.

Pour finir, c’est un excellent activateur de compost et il booste rapidement la vie biologique du sol.

Le fumier composté

Contrairement au fumier frais, il est préférable, selon moi, d’utiliser du fumier « mûr » ou composté :

  • Pas de délai d’attente avant de nouvelles cultures
  • Présence de polluants et de germes faibles
  • Destruction des graines d’adventices pendant la période de compostage
  • Epandage simplifié et moins volumineux

Finalement, tu as maintenant toutes les cartes pour choisir et utiliser au mieux le fumier sur tes parcelles potagères sans risquer de voir tes cultures dans un mauvais état.

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