FAIRE SON COMPOST MAISON

Dans la nature, le concept de déchets n’existe pas, tout ce qui est mort contribue à autre chose, un nouveau cycle débute… L’un des principe de la permaculture est de boucler les boucles, de revaloriser les déchets donc son compost devient un élément-clé à la conception d’un potager permacole.

QU’EST CE QUE LE COMPOST ?

Tout d’abord, le compostage est un procédé de transformation des matières organiques d’origines végétales en un excellent fertilisant pour le sol. Ce procédé se fait généralement en tas ou en andins (longues buttes étroites).

Cette transformation rendue possible grâce à la présence d’eaux et d’oxygène qui permettent aux bactéries, insectes, vers, et aux champignons de se nourrir de toute cette matière organique.

LES AVANTAGES ET INCONVENIENTS DU COMPOST

Les avantages

La fertilisation

Un bon compost contient tous les nutriments indispensables au bon développement des plantations. Il est riche en azote, phosphore, potassium, magnésium… Mais ces nutriments ne sont pas disponibles immédiatement pour les plantations, il va falloir du temps pour qu’il se minéralise et soit nutritionnellement disponible pour les végétaux.

Par conséquent, le compost est un fertilisant sur du moyen à long terme. Par contre sur le court terme, le compost améliore considérablement la structure du sol.

Pour finir, s’il est bien mené, le compost possède un rapport carbone / azote optimal, je t’en parle plus bas.

Amélioration de la structure du sol

Comme je te le disais au-dessus, le compost en plus d’être un fertilisant, il est aussi un amendement. En effet, il allège les sols lourds (argileux) grâce à sa structure à la fois légère et poreuse permettant une bonne circulation de l’eau et de l’air.

En ce qui concerne les sols légers (sableux), le compost va agir comme une éponge et va retenir davantage l’eau. De plus, il donne du corps, de la consistance à ce type de sol.

Valorisation des déchets

Connais-tu le poids des déchets engendrer par un ménage en France ?

En 2019, on répertorie près de 513 kg de déchets ménagers collectés par habitant et par an. En sachant que 30% de ces déchets sont organiques… Donc voilà, pourquoi il est essentiel de valoriser nos déchets et de rendre à la Terre ce qui lui appartient.

Les inconvénients

Même si le compostage possède bien plus d’avantages que d’inconvénients, il me semble toutefois important d’en parler.

Pertes de nutriments

Composter entraine une perte de nutriments des matières organiques, en effet, quand on fait un compost en tas, la matière organique va perdre une partie de ces nutriments que ce soit par lessivage, du fait de la décomposition et aussi sous forme gazeuse.

Les nutriments pour les plantations sont toujours présents, ce qui disparaît sont surtout les nutriments qui vont être bénéfiques pour la pédofaune, c’est-à-dire la cellulose, le sucre notamment.

Fertilité nulle à court terme

Ho, ho ho, je te vois venir… “Mais juste avant dû disait que le compost améliore la fertilité du sol…”. En effet, le compost fertilise le sol mais uniquement à moyen et long terme, ne t’attends pas à obtenir un effet “coup de fouet” en quelques semaines, l’action fertilisante va se faire sur au minimum une année.

TROUVER L’EMPLACEMENT IDEAL

Avant de choisir l’emplacement idéal de ton compost, il faudra prendre en compte certains critères, notamment l’accessibilité. En effet, l’accès doit être facile et rapide car tu vas devoir t’y rendre assez fréquemment et ceux, peu importe la météo. Pense aussi à prévoir une arrivée d’eau assez proche, car si ton compost est trop sec, tu devras y ajouter un peu d’eau.

De plus, l’endroit doit être à l’ombre tout simplement parce que la décomposition des matières va dégager énormément de chaleur ( + ou – 60° au centre du compost), tu comprendras donc que si ton composteur est en plein soleil, tu risques fortement d’avoir un compost trop sec. Par conséquent, la décomposition va être fortement ralenti.

(Il est aussi très important de brasser de temps à autre ton compost afin de l’oxygéner et de permettre aux bactéries de se développer convenablement)

Pour finir, le compost doit être de préférence en contact direct avec la terre. Cette condition permet à la faune du sol de remonter afin de transformer les matières organiques en humus.

LES DIFFERENTES PHASES DU COMPOSTAGE

Avant obtenir un bon compost, il faut savoir que les déchets végétaux passent par plusieurs stades.

  • Au début, les processus microbiens provoquent une forte chaleur qui dégrade la matière organique.
  • En seconde phase, les bactéries, insectes, vers de fumier et champignons se chargent de continuer la décomposition.
  • En phase finale, le compost se stabilise et finit par se former. On y trouve encore de petites quantités d’animaux comme les coléoptères, cloportes… Le compost commence à avoir une bonne odeur d’humus.
  • Le compost est totalement prêt quand la présence de vers a totalement disparu et qu’il a une bonne odeur de terre (environ un an après).

UN COMPOST NI TROP SEC, NI TROP HUMIDE

L’eau présente dans le compost est nécessaire au développement des micro-organismes, elle se situe idéalement aux alentours des 55 %.

Comment connaitre le taux d’humidité du compost?

Prends une poignée de compost dans ta main et presses-là. Si quelques gouttes d’eau s’échappent entre les doigts et que le compost reste aggloméré quand tu ouvres la main, ton compost à une bonne humidité.

Si un fin filet d’eau s’en échappe, il est trop humide et tu risques la putréfaction des déchets. Dans ce cas, ajoutes une bonne quantité de matières carbonées (copeaux de bois, sciure, fin broyat… et mélange ton compost)

Au contraire, si rien ne s’écoule et que le compost se désagrège, il est trop sec et la décomposition va être fortement ralenti. Ici, il te faudra soit apporter de l’eau régulièrement ou pus de matières azotées (tonte de pelouse, reste de cultures… et mélange ton compost).

Tu peux aussi procéder au test de la tige métallique : Après 2 ou 3 jours, enfonce un objet en métal dans le compost jusqu’au cœur. Patiente 10-15 minutes et retire l’objet. Si celui-ci est chaud et humide, le compostage se passe bien. Si toutefois, il en ressort froid et humide, ton compost est certainement trop mouillé. Et, s’il est chaud et sec, il est probablement trop sec.

QUE DOIT-ON COMPOSTER ?

C’est une question qui revient souvent, que doit-on mettre dans son composteur ? Bien évidemment, on ne peut pas mettre tout et n’importe quoi… Voici les matières que tu peux composter ou pas :

Les matières compostables

Les matières azotées (Vertes, molles et humides)

  • Épluchures et déchets de fruits et légumes y les agrumes.
  • Marc de café et résidu de thé
  • Fleurs fanées
  • Tontes de gazon. Elles sont toutefois difficiles à composter car elles sont trop riches en eau et entrent très vite en putréfaction. Je te conseille de garder cette matière organique pour en faire un fin paillage.
  • Broyat de végétaux frais (feuilles, plantes de jardin, etc.). Ici, je te conseille de broyer en amont tes végétaux afin d’accélérer leur décomposition, sinon tu risques d’attendre longtemps avant d’obtenir un compost mûr.
  • Résidus de récolte du potager (trognons, fanes, pieds fanés, éclaircies…).
  • « Mauvaises » herbes. Attention, si elles sont montées en graines, tu risques d’en épandre un peu partout sur ton potager.

Les matières carbonées (brunes, dures et sèches)

  • Papiers, cartons et tissus cellulosiques. Par exemple les mouchoirs en papier blanc, essuie-tout… On évite les imprimer qui peuvent contenir des métaux lourds.
  • Bois de taille et broussailles. Ils ne se décomposent bien qu’après broyage ou s’ils sont coupés finement.
  • Copeaux et frisures de bois. On ne composte pas du bois provenant de meubles, palettes, cagettes… car pour la plupart, ils sont traités chimiquement. On prend du vrai bois d’arbre.
  • Fleurs fanées,
  • Tiges et feuilles sèches
  • Litières de petits animaux herbivores : lapin, cobaye, etc.
  • Écorces broyées
  • Paille
  • Foin

Les matières à composter avec précaution

  • Coquilles d’œufs. Elles peuvent être mises au compost mais ils se décomposent lentement. On évite donc d’en mettre en trop grosse quantité et on les écrase avant.
  • Résineux. Ils ne rendent pas le compost acide, contrairement à certaines croyances. Mais comme ils contiennent des inhibiteurs de croissance (qui ralentissent ou empêchent la croissance des plantes), on ne dépasse pas la proportion de 10 à 15% de ces matières dans le compost.
  • Pain. On évite d’en mettre en trop grande quantité.
  • Plantes malades. On les incorpore uniquement au centre du compost, là ça chauffe le plus, afin de détruire les pathogènes.
  • Cendre d’un poêle à bois.

Matières non compostables

On oublie évidemment les déchets ayant subi un traitement chimique que se soit pesticide, engrais, fongicide…

  • La viande (cru ou cuite y compris les os)
  • Le poisson (cru ou cuit y compris les arêtes)
  • Fruits de mer et crustacés
  • Produits laitiers
  • Charbon de bois,
  • Feuilles vernissées (lierre, laurier…)
  • Gros bois
  • Matières synthétiques
  • Mégots de cigarette
  • Poussière d’aspirateur
  • Huiles et graisses alimentaires
  • Bois de menuiseries et bois traité
  • Journaux, magazines
  • Excréments de chats et chiens. Vu la présence possible de parasites et de germes pathogènes transmissibles, on évite de les composter à domicile. La température du compost doit absolument être partout supérieure à 55°C, ce qui est rarement le cas dans un compost de jardin…

RÉALISER UN COMPOST ÉQUILIBRÉ

Pour obtenir un compost équilibré, il est impératif d’alterner les végétaux riches en carbone avec des végétaux riches en azote.

Idéalement, il faut compter environ 2/3 de matières azotées pour 1/3 de matières carbonées.

  • Les matières végétales azotées : elles sont souvent vertes, molles et humides (par exemple : les tontes de gazon, les jeunes feuilles tendres, les épluchures de fruits et légumes…)
  • Les matières végétales carbonées : elles seront plutôt brunes, dures et sèches (par exemple : les feuilles mortes, la paille, les copeaux de bois…)

Faire son compost peut paraître difficile au premier abord, mais cela reste réalisable.

Si tu as des questions, n’hésites pas à m’en faire part dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre. Si l’article t’a plus, n’hésite pas à l’aimer et à le partager.

5 commentaires

  • Ricart

    Article très clair et enrichissant. J’ai un petit jardin avec un meuble en bois exotique fermé avec des portes pour poser la plancha. Le meuble est posé à même la terre et recouvre une souche d’arbre increvable… Nous n’avons pas prévu d’entreposer des choses dedans mais pensions justement y mettre le compost. Penses tu que ce soit une bonne idée ? Le meuble ne risque-t-il pas de pourrir ? Merci de ton aide !

  • St Ges Jocelyne

    Bonsoir et merci pour votre article intéressant. Toutes mes épluchures ( fruits, légumes ) vont au compost. Celles ci proviennent des fruits et légumes de mon potager mais pas seulement, ceux du commerce également. Nous consommons de nombreuses pommes dont nous savons les nombreux traitements qu’elles ont du subir ! Que faire pour le compostage ? Merci de votre réponse et bonne soirée. Jocelyne

    • Delphine G

      Bonjour.
      Concernant les pommes, tu peux les mettre au compost vu que tu en consommes une grande partie. Puis, je ne pense pas qu’il reste grand chose des traitements après toutes les étapes de tranformation que va subir ton compost. Donc, pour moi tu peux y aller.

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